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Établir une routine pour vos enfants

 

Etablir une routine pour vos enfants
Des conseils pour structurer les journées de votre famille et gagner en sérénité
 

« Je suis prête à me réveiller papa ! » s’est exclamé ma petite Allie, trois ans, dès que j’ai passé la tête par la porte de sa chambre. Je pouvais dire à son regard brillant qu’elle n’avait pas fermé l’œil. Maman et toi aussi vous êtes levés ? » J’ai poussé un long soupir. « Non ma chérie. Nous ne nous sommes pas encore couchés. »

Chez nous, la routine est l’huile qui permet de faire tourner les roues de notre petite famille. C’est ce qui permet d’éviter qu’à un moment de la journée, nos deux petites filles remplies d’énergie se retrouvent trop fatiguées, affamées ou grincheuses. Et la routine est aussi ce qui aide papa et maman à ne pas s’épuiser en essayant de tout gérer.

Vous avez l’impression que votre vie de famille est un peu chaotique par manque de structure ? Mettre en place une routine est une bonne manière d’y remédier, en permettant de répondre aux besoins physiques et émotionnels de chacun.

Si on établit une routine sans raison particulière, elle risque de devenir une organisation trop stricte et difficile à tenir. Il est par contre vraiment bon d’établir une routine quand on le fait pour des raisons précises (par exemple : pour aider un nourrisson à régler son sommeil, ou pour permettre aux enfants de savoir à quoi s’attendre tout au long de la journée). Voici les grandes lignes de notre organisation familiale. Cela pourra peut-être vous être utile.

La cohérence

Comment établir et maintenir une bonne routine pour un bébé ? En étant cohérent. Votre enfant est en train de développer son horloge biologique interne, appelée le rythme circadien. Celui-ci lui signale quand il a faim, quand il est fatigué ou au contraire quand il est en phase d’éveil. De la même manière que vous ne pourriez pas connaitre l’heure si quelqu’un déplaçait sans arrêt les aiguilles de l’horloge, vous ne pourrez pas maintenir une routine si vous n’êtes pas constant en ce qui concerne les heures des repas, des temps de sommeil et de jeux.

Les nourrissons ne savent pas quand le soleil se lève ou qu’il se couche, et ils ne savent pas non plus quand les autres sont réveillés, quand ils travaillent ou qu’ils jouent. « C’est ennuyeux, remarque le Dr Weissbluth, pédiatre spécialiste des problèmes de sommeil, mais c’est seulement un problème de synchronisation. Car le nouveau-né n’a sinon pas de difficulté à s’endormir ou à rester endormi. Une fois que le bébé a quelques semaines, les parents peuvent commencer à utiliser les rythmes naturels de sommeil de l’enfant pour mettre en place des habitudes. » Ma femme et moi avons remarqué que cela arrive plus rapidement quand on maintient une cohérence et une régularité dans le quotidien de l’enfant.

Quand nos filles étaient bébé, nous leur donnions le repas à la même heure chaque jour. En milieu de matinée et d’après-midi, nous avions des temps de jeux et d’éveil. Avant les siestes et le coucher (qui étaient toujours vers la même heure), nous avions des temps d’activité plus calmes. Nous avions aussi décidé ensemble que nos enfants devraient être au lit à 19h, et que nous devions donc être à la maison avant cette heure-là. Parfois, nous aurions préféré rester dehors plus tard, mais finalement, respecter cette routine nous a vraiment aidés à traverser les difficultés et les changements constants de cette période de vie.

Cette constance nous a aidés aussi dans de petits détails. Les nourrissons ayant souvent besoin d’être allaités, ma femme et moi avons déterminé à l’avance qui s’en occuperait à tel et tel moment de la journée, et nous avons gardé ce rythme. Ma femme à un meilleur sommeil avant minuit, j’étais donc responsable du premier biberon de la nuit. De mon côté, je dors bien au petit matin, donc ma femme s’occupait de nourrir les petites en fin de nuit. Nos enfants savaient ainsi quel parent allait venir les nourrir et nous pouvions tous les deux dormir suffisamment. 

Ce serait pratique qu’une même routine puisse rester en place tout au long de la première année de vie de votre enfant, mais gardez en tête que ses besoins changent en permanence. Soyez conscient de ces changements, et soyez prêt à adapter votre routine à ses besoins. Peu à peu, l’enfant aura besoin de moins de repas, de moins de siestes et de plus de temps de jeux. Avoir une routine établie nous a permis de repérer plus facilement ces changements et d’y répondre rapidement en éliminant par exemple une sieste quand l’enfant n’en a plus besoin, ou en augmentant la quantité de ses repas pour pouvoir les espacer. Comme nos actions étaient réfléchies, nous étions prêts à suivre notre routine, mais aussi à l’adapter aux nouveautés.

Garder les possibilités sous contrôle

Nous avons eu un mal fou à mettre en place une routine pour les repas avec notre fille ainée. J’ai donc demandé à mon père, qui est aussi médecin de famille, comment je pouvais la faire manger. La faim n’est pas une grande motivation chez elle, alors parvenir à la faire manger, et en particulier au moment des repas, était presque impossible. « Tu ne peux pas contrôler la quantité de nourriture qu’un enfant va manger, m’a-t-il expliqué. En revanche, tu peux décider des moments où elle va manger. »

Si ma fille doit manger le soir, c’est donc au moment du diner, à table, avec la famille. Pas avant le diner, ni après l’heure du coucher, ni au lit, ni sur le canapé devant la télé. À travers nos erreurs, nous avons dû apprendre le principe suivant : si vous devenez laxiste dans l’application de vos règles de vie, vos enfants penseront qu’ils peuvent les contourner. Dorénavant, ils connaissent la routine mise en place, ce qui leur permet de gérer leurs attentes. Si vous vous montrez laxiste envers les règles, vous envoyez des messages contradictoires à votre enfant et il pensera qu’il peut les enfreindre.

Par exemple, si un enfant sait qu’il devra à manger le repas à table au moment où papa rentre du travail, il sera plus apte à manger le moment venu. Mais si pendant quelques semaines, les parents le laissent sauter des repas et grignoter au lit, puis lui imposent soudainement de ne plus le faire, il risque de réagir avec colère, frustration et confusion.

En posant un cadre, nous aidons nos filles à gérer leurs attentes et leurs réactions aux divers événements de la journée. Elles savent ce que leur réserve chaque jour et ce qu’elles peuvent faire à l’intérieur de ces limites.

Il reste que nous devons parfois nous montrer plus souples. Si nous n’autorisions aucune exception pour des moments spéciaux, la vie deviendrait vite frustrante et étouffante pour nous tous. Quand ces exceptions se présentent, la clé, ici aussi, est de gérer leurs attentes. Nous prenons le temps de bien expliquer que c’est un moment exceptionnel, que les occasions spéciales sont justement spéciales, donc différentes de notre routine habituelle. En retour, mes filles apprennent à réagir de manière appropriée : par l’excitation liée à la surprise puis en acceptant (parfois en râlant) de revenir à la routine. Et cela fonctionne parce qu’elles savent toujours à quoi s’attendre.

Faire des compromis

J’ai dû expliquer un nombre incalculable de fois à ma fille de trois ans pourquoi elle devait aller se coucher le soir. La bonne nouvelle, c’est qu’elle va se coucher, à l’heure, tous les soirs, et que ce n’est pas une lutte quotidienne. Elle continue à rechigner aux habitudes que nous avons mises en place et à les remettre en question, c’est son caractère qui veut ça, mais nous avons chacun appris à vivre avec. Elle apprend à suivre notre routine et nous apprenons à l’écouter et à ajuster les choses pour l’aider. La clé pour traverser cette période délicate, c’est le compromis.

Tous les jours, nous consolidons et réexpliquons notre routine tous en accompagnant nos enfants dans ces habitudes : On ne se lève pas avant 7h, le petit déjeuner est à 8h. On mange le repas à midi, puis on joue tranquillement jusqu’à 13h, heure de la sieste. Le repas du soir est à 18h, un nouveau temps de jeux calme, puis le coucher. Mais parfois, nous rencontrons des moments compliqués, où cette routine devient difficile à suivre pour nos petites.

Ma femme et moi avons découvert que le compromis fonctionne bien quand notre enfant sait qu’on l’écoute, qu’on cherche à le comprendre et à l’aider, tout en maintenant les règles et la routine qui rendent la vie de famille agréable pour chacun. 


Cet article a été en partie publié dans le numéro de février-mars 2017 du magazine Focus on the Family, sous le titre « Time to Eat. » Tous droits réservés © 2017 par Jonathan Bradley. Utilisation autorisée.