Aidez vos enfants à s’aimer et s’accepter

Ecrit par Laurie Wallin

« Tu sais, les gens disent qu’on devrait toujours être soi-même, » m’a lancé Neveah, ma fille de douze ans sur le trajet vers l’école. « Franchement, ça marche pas si bien que ça. Quand j’essaye d’être moi-même, je me sens bizarre ou invisible. »

Mon café n’avait pas encore fait effet, mais son intervention m’a réveillée. J’aurais voulu lui tenir la main tout au long de sa journée de classe pour la rassurer, comme en maternelle. Mais ça ne marche plus à cet âge. Alors ce jour-là, comme tous les autres jours, je me suis appuyée sur les stratégies qui m’ont permis d’aider ma fille à avoir confiance en elle durant ces années de croissance parfois difficiles.

Étudiez votre enfant

Je ne peux pas aider Neveah à apprécier la personne qu’elle est et la manière dont Dieu l’a créée si je ne passe pas du temps à la connaitre et à voir ce qui la rend unique. Par exemple, je regarde ses tendances. Depuis qu’elle a cinq ans, ma fille collecte des petits objets, plumes, ficelles, boulons – des choses que je regarde comme des ordures — et elle en fait des œuvres d’art. Ses créations à partir de ces « trésors » font partie de son identité. Elle est une artiste qui, comme Dieu, prend des choses que d’autres estiment irrécupérables et crée de la beauté.

J’écoute aussi beaucoup ce qu’elle dit quand je la conduis à l’école avec ses amies. Les préados en disent plus à leurs amis qu’à leurs parents. Quand ma voiture est pleine de préados, je mets leur musique et j’écoute ce qu’ils se disent. J’entends ce que ma fille pense de la vie, de ses amis et du monde. Je l’écoute parler de l’école, de sport, de son corps. (Et si je réalise qu’elle fait des erreurs de jugement, je les aborde avec elle quand ses amis ne sont plus là.)

J’ai tout entendu, ses audacieuses déclarations d’indépendance et affirmations de ce qui est bien ou mal, ses peines concernant les commentaires méchants d’untel, et même ses mensonges pour recevoir l’approbation de son amie. Que ce soit positif ou non, le contenu de ces conversations m’est précieux quand arrivent les moments où elle se questionne sur son identité et que j’ai l’occasion de l’accompagner.

Ce n’est que lorsqu’on étudie la personnalité de nos enfants qu’on peut les voir évoluer. Cela nous aide alors à les encourager d’une manière qui a vraiment du sens pour eux.

Encouragez votre enfant

En connaissant la personnalité de ma fille, ses dons et ses traits de caractères uniques, je peux devenir une source d’encouragement qui aura beaucoup d’impact. Et ces encouragements l’aideront à voir plus clairement qu’elle est la personne que Dieu a voulu qu’elle soit.

Un ami pédopsychiatre l’explique ainsi : « Durant l’adolescence, le monde de l’enfant change. Ses parents étaient jusque-là son centre. Désormais, ce sont ses pairs qui sont au centre de sa vie. » Durant ces années-là, nous passons du rôle de metteur en scène de sa vie, à celui de centre de contrôle.

Quand Neveah m’a fait ce commentaire dans la voiture, j’aurais pu lui dire comment elle devrait penser à ce sujet. Mais le mieux, c’était de lui demander ce qu’elle en pensait et ce qui l’avait amené à voir les choses de cette manière. Je voulais lui montrer ma confiance dans sa capacité à trouver une conclusion qui allait l’aider, afin qu’elle puisse elle-même avoir confiance dans sa capacité à résoudre les difficultés. C’était pour moi l’occasion d’être un miroir positif, et de lui demander ce que je pouvais faire pour l’aider à se sentir bien au milieu de ses camarades.

Les adultes, comme les préados, se sentent
mieux dans leur peau quand on leur
rappelle ce qu’il y a de mieux en eux.

Alors que notre enfant essaye tant bien que mal de saisir son identité qui change et grandit, nous pouvons lui rappeler des attributs intrinsèques et positifs qui ressortent de ses actions, de ses réactions et de ses sentiments. Ce matin-là, dans la voiture, j’ai dit à Neveah combien je trouvais cela génial qu’elle prenne le temps de réfléchir à ce qu’elle entendait, plutôt que de se laisser influencer par tout ce que les gens disent. J’ai fait l’éloge de ses capacités d’analyse, de son honnêteté et de sa vulnérabilité qui l’avait poussé à partager ce qu’elle trouvait difficile. Et tant que j’y étais, j’ai fait le lien entre son don artistique et les vêtements qu’elle avait choisi de porter (même si ce n’est pas ce que j’aurais choisi moi-même).

Les adultes, comme les préados, se sentent mieux dans leur peau quand on leur rappelle ce qu’il y a de mieux en eux. En mettant leurs points forts en lumière, on les aide à connecter avec qui ils sont, et à embrasser pleinement leur individualité.

Enseignez-lui ce que Dieu dit

Je sais reconnaitre quand je suis face à un moment crucial pour le développement de l’identité de mon enfant. Dans la voiture, alors que Neveah me partageait des choses qu’elle n’aimait pas chez elle, je lui ai répondu : « Je me demande ce que Dieu dit de tout ça. » Elle a levé les yeux au ciel et j’ai continué avec le Psaume 139.13-14 : « Car c’est toi qui as formé mes reins, qui m’as façonné dans le sein de ma mère. Je te loue de ce que j’ai été fait d’une étrange et merveilleuse manière ».Elle a de nouveau levé les yeux au ciel. Mais j’ai vu un éclair de curiosité dans son regard, alors j’ai développé. « Il nous a tous fait d’une façon étrange et merveilleuse. Peut-être que ce qui te pose question, c’est le côté étrange – surprenant et difficile à comprendre – de ta personnalité. »

Cette fois-ci, elle n’a pas levé les yeux au ciel. En fait, je n’ai eu le droit à aucune réaction du tout. Mais plus tard ce soir-là, alors que je lui massais les pieds (un bon moment de partage en fin de journée), elle m’a dit : « J’ai réfléchi à ce que tu m’as dit. J’avais déjà entendu ce verset, mais sans comprendre le terme “étrange”. Je crois que je me sentais mal parce que j’ai l’impression d’avoir une grosse part d’étrange en moi. Mais si c’est Dieu qui l’a voulu comme ça, c’est peut-être pas si mal. »

Est-ce que c’est toujours aussi facile d’aider ma préado à construire son identité ? Loin de là ! Mais même quand ce n’est pas le cas, je fais confiance à Dieu pour l’aider à voir ses combats à travers son regard de Père. Et je reste son port d’attache, sa référence, plutôt que d’essayer d’être son patron. Prête à l’aider à découvrir et aimer son identité, unique et singulière.

Laurie Wallin est oratrice et auteure du livre Get Your Joy Back.

Cet article a été publié sur le site FocusOnTheFamily.com sous le titre « Helping Kids Accept and Enjoy Who They Are ». Tous droits réservés © 2015 par Laurie Wallin. Utilisation autorisée.