Un miracle pur et simple : aimer Jésus ne s’impose pas

 

Ecrit par Jérémy Favreau

 Je suis un parent plutôt novice. Bien que j’aie trois garçons, mon aîné a seulement six ans. De ce fait, je n’ai encore rien vu des questions sophistiquées qui émergent à la préadolescence ni des crises de silence ou des abus verbaux qui semblent inévitablement accompagner l’adolescence. Mais je me sens néanmoins dépassé par mon incapacité à inculquer à mes enfants les valeurs qui me tiennent à cœur, et en particulier l’amour pour Jésus, sans lequel la vie n’a pour moi aucun sens.

Ce n’est pas que mes enfants ne m’écoutent pas, ou qu’ils ne sont pas désireux d’apprendre. Ils entendent, ils retiennent et ils répètent les versets bibliques tout autant que les principes que nous en retirons. Mais bien qu’à la surface je puisse percevoir une certaine croissance, ou tout du moins une augmentation de leurs connaissances, je m’inquiète de ce qui se passe au plus profond de leur cœur. Il est simple d’élever un enfant avec une culture chrétienne : exposez-le autant que possible aux choses dites « chrétiennes », et comme tout enfant il absorbera les mœurs de son environnement. Mais élever un enfant pour qu’il aime Jésus de tout son cœur, ce n’est rien de moins qu’un miracle. Cela ne s’impose pas.

Il existe bien sûr une panoplie de ressources excellentes pour éduquer et inspirer vos enfants vers les voies de Dieu. Ces outils, tout parent devrait s’en prévaloir. Il existe aussi des manuels d’instruction pour les parents, qui nous aident à corriger le tir de notre approche parentale nécessairement influencée par notre propre expérience et par les tendances de la société. Toutes ces ressources sont bonnes, et rares sont les parents qui diront ne pas en avoir profité. Néanmoins, toutes ces choses ne pourront pas changer le cœur de votre enfant.

Pour quelle raison vous dis-je ces choses ? Ce n’est pas pour que vous abandonniez ce que vous faites et laissiez tout simplement la nature suivre son cours. Ce n’est pas non plus pour vous préparer à adopter la nouvelle méthode parentale que je viens de découvrir, car je n’ai rien de la sorte à vous offrir. Je désire simplement vous inviter à tourner les yeux vers les cieux, vers Dieu lui-même, notre Sauveur, le seul qui peut aussi sauver nos enfants.

Je lève les yeux vers les monts :
d’où le secours me viendra-t-il ?

Mon secours vient de l’Éternel
qui a fait le ciel et la terre.

Il te gardera des faux pas,
celui qui te protège ne sommeillera pas.

Psaume 121.1-3

 

La Bible est remplie de promesses à notre égard et à l’égard de nos enfants. Le verset qui suit est peut-être le mieux connu. C’est un verset auquel d’innombrables parents chrétiens s’accrochent, que leurs enfants soient tout-petits ou dans la cinquantaine :

Instruis l’enfant selon la voie qu’il doit suivre ;
et quand il sera vieux, il ne s’en détournera pas.

Proverbes 22.6

 

Ce verset, tout comme les multiples passages bibliques qui nous promettent la guérison, la provision et la paix, n’est pas un talisman censé nous protéger de tout malheur si nous le serrons suffisamment fort contre notre cœur. Ce n’est pas non plus un critère servant à juger notre qualité parentale : « Si ton enfant suit Jésus, tu l’as suffisamment bien instruit dans la foi. S’il ne suit pas Dieu, tu as été un mauvais parent. Meilleure chance la prochaine fois ! » Ces mauvaises interprétations condamnent les parents dont le cœur est déjà appesanti par l’égarement de leurs enfants et détournent leurs regards de l’unique endroit où se trouve leur secours.

En fait, ce verset est l’un des principes que Dieu nous a légués pour la vie en tant qu’êtres humains et il nous donne un aperçu de son cœur. Une bonne interprétation serait tout simplement : « Ce qu’un enfant portera au profond de son cœur, il le portera encore lorsqu’il sera adulte. » Le hic, par contre, c’est qu’aucun parent n’est capable d’aller porter son instruction jusqu’au fond du cœur de qui que ce soit. Le Saint-Esprit est la seule personne capable de parler au fond du cœur, de changer un cœur de pierre en cœur de chair, et de déverser l’amour de Dieu en quiconque pour que cela devienne une source jaillissante d’eau vive (Ez. 36.26, Rom. 5.5, Jean 7.38).

Aussitôt que nous nous responsabilisons pour un travail que Dieu seul peut faire, nous nous exposons à la défaite et au découragement, et ne profitons pas du secours que Dieu désire nous accorder.

Hier soir, j’ai peiné à faire comprendre à mon fils pourquoi son comportement était mal, et pourquoi reconnaître sa faute et recevoir le pardon — tout autant celui de ses parents que celui de Dieu — était un cadeau. J’ai partagé comment l’amour de Jésus qui me pardonne de tout péché est le plus beau cadeau que j’ai reçu, et comment m’approcher de lui est ce qui me donne une joie comme nulle autre.

Mais mon fils n’a eu aucune réaction. Aucun regret. Rien.

J’étais découragé, abattu, et j’avais une perspective assez floue de l’avenir. Que faire ? Quelques heures plus tard, j’ai regardé mon fils qui dormait, et j’ai compris plus sensiblement que jamais auparavant que voir Dieu comme « Notre Père », c’est une révélation essentielle à tout chrétien. Dieu nous aime et son cœur soupire après notre réconciliation avec lui. Il veut nous accorder son pardon, car sans lui nous n’expérimenterons jamais la guérison qui nous permettra de vivre en tant qu’êtres humains restaurés à l’image divine — la condition originelle pour laquelle nous avons été créées.

Que pouvons-nous donc faire ? Nous devons placer nos enfants, y compris leur état spirituel, dans les mains de Dieu. C’est Dieu qui place la semence dans le cœur d’une personne et qui lui permet de grandir. Il est celui qui peut révéler son amour à une femme sur son lit de mort et à un gamin de trois ans au beau milieu d’un terrain de jeu. Le Saint-Esprit travaille jour et nuit à restaurer les liens brisés entre Dieu et l’humanité. Rien ne limite sa présence et son pouvoir. Il sait planter les graines dans les cœurs de nos enfants et les porter jusqu’à maturité. (1 Th. 5.23-24) Il sait compléter l’œuvre qu’Il a commencée.

Je ne vais pas cesser de prier avec et pour mon fils. Je ne vais pas non plus arrêter de lui lire la Bible ou des histoires qui l’inspirent vers Dieu et vers la vie qu’Il souhaite pour nous. Et vous ne devez pas vous arrêter non plus. Mais ce que nous devons faire avant tout, c’est de lever les yeux vers celui en qui nous trouvons le refuge, le secours, et les promesses dont nos cœurs ont besoin dans les bons comme les mauvais jours.

Ne vous laissez pas abattre par ce que vous voyez ; ne vous laissez pas condamner par le parcours de ceux que vous aimez. Levez les yeux et voyez Dieu le Père, celui qui aime vos enfants encore plus que vous, et invitez le Saint-Esprit à accomplir en vos enfants le miracle que lui seul est en mesure de faire.

Vous n’avez pas pu vous sauver vous-mêmes, vous ne pourrez pas non plus sauver vos enfants. Créer un cœur qui aime Jésus, c’est un miracle dont seul le Saint-Esprit est l’auteur. Mais Il est fidèle, Il le fera.

 

Jeremy Favreau est auteur et leader créatif chez Pouvoir de Changer – Étudiants. Passionné des grandes questions, il est toujours prêt à dialoguer sur l’évangile, la culture et leurs innombrables points de rencontre. Lui et son épouse Selene résident à Montréal et sont parents de trois garçons.  

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