Vivre l’église comme une famille

Ecrit par Abigail Murrish

Quand j’ai déménagé à Cincinnati en juin 2014, j’avais non seulement dû lâcher mon travail, mes amis et ma ville, mais j’avais aussi dit au revoir à ma famille. Même s’ils n’étaient qu’à deux heures de route, les longs repas avec mes parents me manquaient, ainsi que les petites visites impromptues à mes grands-parents et les dimanches soir devant « Downton Abbey » avec ma mère.

La solitude m’a vite envahie au cours de mes premiers mois à Cincinnati. Ce qui me manquait ? La fraternité et le réconfort que l’on trouve dans le partage du quotidien avec les gens qui nous connaissent bien et nous aiment tout de même.

En tant que chrétienne, je savais qu’en théorie j’avais une famille à travers l’église. Il était désormais temps de mettre cette réalité en œuvre, et je réalisais peu à peu que c’était à travers l’église que Dieu avait prévu de m’entourer dans ma nouvelle ville.

Mais créer des relations au sein de mon église n’avait rien d’évident pour moi. Je ne savais pas trop comment dépasser le stade des conversations superficielles autour d’un café. Développer des liens familiaux au sein de l’église demande efforts et intentionnalité. Voici quatre principes que j’ai mis en place ces deux dernières années qui ont donné à mon église une vraie place de famille dans ma vie.

Fréquenter assidûment son église locale

Notre société nous a appris à penser en consommateurs, cherchant seulement ce qui nous intéresse et ce que nous pouvons tirer de chaque situation, chaque produit ou évènement. Cet état d’esprit peut colorer la manière dont nous pensons l’église.

Quand nous recevons le don du salut, nous recevons aussi une nouvelle identité en Christ. Nous devenons membres de la grande maison de Dieu, appelés à nous aimer et à nous aider les uns les autres. Nous sommes là pour participer en profondeur à la vie de l’église, et pas seulement pour en retirer quelque chose.

Parfois, nous pouvons être très enthousiastes à l’idée de rentrer dans l’église comme dans une famille, mais nous sentir ensuite déçus lorsque nous essayons de le vivre dans notre église locale, qui est remplie de gens aussi pécheurs que nous.

Dietrich Bonhoeffer est de bon conseil à ce sujet : « La personne qui aime son idéal de communauté détruira la communauté, mais la personne qui aime les gens qui l’entourent sera créatrice de communauté. »

Au sein de l’église, nous serons blessés et blesserons les autres à notre tour. Les gens nous laisseront parfois tomber. Nous vivrons des situations désagréables. La solution n’est pas de se retirer et de devenir amer, mais de continuer à aimer ceux que Dieu a mis dans nos vies à travers l’église.

Entrer dans la dynamique familiale

L’église est un lieu dans lequel notre foi est nourrie et où nous sommes nous-mêmes amenés à nourrir les autres. Comme l’a dit Jean Calvin : « Si Dieu est notre Père, l’église est notre mère. » À l’église, nous sommes maternés et maternants.

J’ai une très bonne amie à l’église, qui a quelques années de plus que moi. On se retrouve souvent pour prendre un café ou pour déjeuner ensemble et elle m’écoute patiemment lui partager mes difficultés et mes joies en me soutenant par ses précieux conseils. Au fil du temps, notre relation a grandi pour dépasser les simples cafés ou les déjeuners. Que ce soit les Noëls partagés avec nos familles ou les études bibliques pour femmes que je l’aide à préparer, c’est une vraie bénédiction d’avoir quelqu’un dans ma vie qui me soutient et m’encourage dans mon cheminement avec Jésus.

Et dans l’église, j’ai aussi l’occasion d’être là pour accompagner les autres, en particulier les enfants. Qu’il s’agisse de travailler à la garderie de l’église, de recevoir des enfants chez moi pour faire de la pâtisserie ou bien de discuter avec les enfants de mes amis quand je suis chez eux, la Bible m’appelle à considérer les enfants comme des trésors plutôt que comme des éléments gênants. Betsy Childs Howard explique ainsi l’occasion qu’ont tous les croyants de prendre soin des enfants :

« Vos enfants spirituels auront peut-être le même nom de famille que vous ou peut-être pas, mais j’espère qu’ils auront une place tellement importante dans votre vie que vous pourrez dire comme le faisait l’apôtre Jean : “Je n’ai pas de plus grande joie que d’apprendre que mes enfants marchent dans la vérité.” (3 Jean 4) »

En voyant les enfants comme faisant pleinement partie de la famille de Dieu, j’ai la joie de les voir cheminer avec Christ et de faire partie de leur histoire tout comme d’autres dans l’église le font avec moi.

Être là

En août dernier, notre sous-sol a été inondé d’un mètre d’eau suite à un refoulement d’égout. Presque toutes nos affaires étaient irrécupérables, dont des choses importantes comme notre fournaise, notre machine à laver et un grand congélateur rempli de nourriture. Nous n’avons eu ni gaz ni internet pendant une semaine. L’assurance a payé la plus grande partie des dépenses, mais nous avons quand même dû faire face à tous ces ennuis et à la frustration qui en découle.

Avec simplicité et humilité, notre église a été là pour nous aider.

N’ayant plus de gaz et ne pouvant pas cuisiner, des amis nous ont invités à manger et nous ont amené des plats cuisinés toute la semaine. D’autres amis nous ont donné les clés de chez eux pour que je puisse aller y faire ma lessive. Quand des pilleurs ont laissé des ordures éparpillées dans notre cour après avoir cherché à y récupérer des objets de valeur, des amis nous ont aidés à nettoyer. Trois personnes différentes m’ont reçue chez elles pour que je puisse avoir accès à internet pour mon travail. Un jour, j’ai trouvé dans ma boite aux lettres une carte cadeau d’un supermarché qu’un ami avait déposé.

« [La communauté] est le seul moyen de connaitre et d’être connu. C’est là que l’on voit notre propre humanité et notre fragilité, nos dons et nos faiblesses », écrit Kara Tippets. « Quand nous sommes là les uns pour les autres, nous nous envahissons d’amour et devenons les témoins que les épreuves, la maladie et la souffrance ne sont pas le fin mot de l’histoire. »

Si l’on remet les choses en perspective, l’inondation de mon sous-sol n’était pas une grande catastrophe. Toutefois, à travers ces circonstances qui nous ont appris l’humilité, Dieu nous a montré combien l’église agit comme une famille, comblant nos besoins concrets dans les temps difficiles.

Prier pour eux

Quand je lis les épitres du Nouveau Testament, je suis frappée par les références incessantes à la prière. Non seulement ces auteurs nous appellent à prier, mais ils nous enseignent comment le faire à travers leurs lettres. Par exemple, avec ces paroles qui ouvrent la seconde épitre de Paul aux Thessaloniciens:

« C’est pourquoi nous prions constamment pour vous, afin que notre Dieu vous trouve dignes de son appel et que par sa puissance il mène à leur accomplissement tout désir de faire le bien et toute œuvre de la foi. Ainsi la gloire du nom de notre Seigneur Jésus sera révélée en vous et la vôtre en lui, conformément à la grâce de notre Dieu et Seigneur Jésus-Christ. » (2 Thessaloniciens 1.11-12)

En priant de cette manière pour ceux de mon église, je vois mon cœur s’attacher à chacun d’eux d’une façon que je ne peux expliquer. Quand je prie pour les femmes et les hommes de mon groupe de prière et d’étude biblique, je désire leur bien-être physique et spirituel autant que je le désire pour ma famille biologique.

En appliquant ces quatre principes au cours de ces dernières années, j’ai appris deux leçons importantes : L’église n’est pas un prix de consolation pour les célibataires, les sans enfant ou les sans famille. L’église est ma famille dans le sens le plus réel du terme. Une famille née de ma nouvelle identité d’enfant de Dieu et rendue possible à travers l’œuvre de salut de mon Grand Frère, Jésus. L’église est un don merveilleux et précieux.

L’église est un endroit où l’on trouve joie et réconfort si nous choisissons de la vivre comme étant réellement notre famille.

Abigail Murrish est auteure professionnelle et cuisinière amatrice. Elle aime l’agriculture et rassembler des gens autour de sa table. Elle s’imaginait vivre dans une grande ville après ses études, mais elle est reconnaissante pour sa petite vie tranquille dans le Midwest ou elle passe ses journées à lire, écrire, boire du thé et promener son chien, à s’amuser dans sa cuisine et à partager le quotidien avec son mari, ses voisins et son église.

Extrait du blog du site Boundless, boundless.org/blog. © 2017 par Abigail Murrish. Utilisation autorisée.