Méditation : Une question d’attitude plus que d’aptitude

Ecrit par Dominique Ourlin

Une rubrique qui vous donne des pistes pour méditer et rencontrer Dieu par Sa Parole.

Contrairement aux idées reçues, la méditation biblique est à la portée de tous. D’ailleurs, nous passons une grande partie de notre temps à « méditer » (murmurer, ruminer, réfléchir, penser, cogiter et gamberger). La question est de savoir quel est l’objet de nos pensées et surtout quelle est l’attitude dans laquelle nous nous y livrons.

Plus que nos aptitudes, ce sont souvent nos attitudes qui déterminent notre… altitude ! Si cela est vrai dans notre travail et nos relations en général, cela l’est encore davantage dans notre approche de Dieu et de la Bible, sa Parole, par laquelle Il se révèle à nous.

On peut lire la Bible comme son journal, les nouvelles du jour ou un roman. On en retirera peut-être quelque chose. Pourtant, si nous voulons l’apprécier à sa juste valeur et espérer rencontrer Dieu en ouvrant les pages de son livre, il va nous falloir le faire en ses termes et dans une disposition de cœur et d’esprit favorable.

« L’attitude est une petite chose qui fait une grande différence. » Winston Churchill

Dans son évangile, Luc nous relate cette conversation entre un enseignant de la Loi et Jésus : « Il se leva et lui dit, pour le mettre à l’épreuve : Maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? Jésus lui dit : Qu’est-il écrit dans la loi ? Qu’y lis-tu ? » Dans le grec original, le texte ne dit pas « Qu’y lis-tu ? », mais « Comment lis-tu ? » L’adverbe utilisé (pos) signifie en fait : comment, de quelle manière, pourquoi, par quels moyens, en quel état.

  « Comment lis-tu ? De quelle manière ? Quelles sont tes motivations ? Quels moyens utilises-tu ? Dans quel état d’esprit l’abordes-tu ? » Autant de questions qui nous ramènent à l’essentiel : la disposition de notre cœur et de notre être entier quand nous ouvrons le livre de Dieu. C’est cette disposition qui détermine pour une large part notre réceptivité, la qualité de notre écoute et la profondeur de notre échange avec notre Père céleste. Aborder la Parole pour la comprendre et la vivre, malgré toutes nos faiblesses, c’est avant tout une question d’attitude.

Alors, dans quelle attitude aborder la Bible ?

S’approcher avec respect

Quand j’ouvre ma Bible, je ne fais pas une faveur à Dieu ; c’est lui qui m’en fait une. Il me fait la grâce de m’approcher de lui pour apprendre à le connaître et découvrir son plan pour ma vie. Si Moïse a dû enlever ses sandales face au buisson ardent[1], ma posture envers la Parole de Dieu (Parole sur laquelle Il a veillé à travers les siècles, au prix de la vie et du sacrifice de nombreux serviteurs) doit également être empreinte de respect et de révérence.

« Prends garde à ton pied quand tu vas à la maison de Dieu, et approche-toi pour écouter, plutôt que pour offrir le sacrifice des insensés… Ne te presse pas d’ouvrir la bouche, et que ton cœur ne se hâte pas d’exprimer une parole devant Dieu ; car Dieu est au ciel et toi sur la terre : que tes paroles soient donc peu nombreuses » (Ecclésiaste 5.1-2).

Voilà qui fait voler en éclat notre prédilection pour le bruit et l’exubérance qui cachent si souvent des cœurs vides et arides. Ne confondons pas enthousiasme et zèle : l’enthousiasme vient de nos émotions souvent exacerbées ; le zèle est nourri de la présence même du Seigneur. Le zèle est comme l’arbre qui tire sa force de ses racines, croissant en silence dans les profondeurs de la terre ; ou comme le visage de Moïse rayonnant de la gloire de Dieu.

S’approcher avec humilité

Quand j’ouvre ma Bible, si je n’ouvre pas aussi mon cœur et mon esprit, et si le Saint-Esprit ne vient éclairer mon intelligence, je n’apprendrai rien. Tout au plus, je vais me donner les moyens de m’enorgueillir de ma prétendue connaissance. Je veux plutôt m’approcher dans l’esprit de Jean-Baptiste qui disait en considérant Jésus : « Il faut qu’il croisse (qu’il devienne de plus en plus grand, qu’il prenne de plus en plus de place) et que je diminue » (Jean 3.30).

M’approcher avec assurance, certes — mais jamais avec arrogance ou suffisance. Je ne suis rien et je ne peux rien sans sa grâce et sa miséricorde. Comme il est rassurant de savoir que, si je demeure dans une attitude d’humilité et de dépendance, je peux compter sur l’auteur même des pages de la Bible, le Saint-Esprit, pour se tenir à mes côtés et éclairer ma lecture !

S’approcher avec docilité

Je m’approche de la Parole de mon Dieu parce que je ne sais rien, que j’ai tout à apprendre de lui, et que toutes mes sources sont en lui seul (Psaume 87.7). Je serai toujours un disciple — un apprenti qui a tant et tant à apprendre de son Maître.

Quelqu’un a dit : pour un chrétien qui dit « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute[2] », il y en a dix qui disent : « Écoute, Seigneur, ton serviteur te parle ! » Être docile n’est pas dans notre nature, mais c’est une discipline de vie à cultiver.

S’approcher fidèlement

La vie chrétienne est plus souvent présentée dans l’Écriture comme une marche que comme une course — un marathon plutôt qu’un sprint ! Une marche quotidienne avec une discipline quotidienne. Ce n’est pas le fort de la plupart d’entre nous, et pourtant, nous en avons désespérément besoin. Accepter de m’approcher de Dieu par sa Parole avec ou sans enthousiasme ; avec ou sans émotion forte ; avec ou sans résultat apparent. Par obéissance. Par amour. Par décision. Par conviction. Par détermination. Par fidélité.

« Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres… Si donc le Fils vous rend libres, vous serez réellement libres » (Jean 8.31, 36).

S’approcher avec foi

Dieu a choisi de se révéler seulement à ceux qui choisissent de lui faire confiance et d’oser croire en lui. C’est un mystère qui a toujours troublé et a agacé les hommes. C’est aussi une clé accessible à tous et à chacun n’importe où, n’importe quand et dans n’importe quelle condition. « Or, sans la foi, il est impossible de lui plaire ; celui qui s’approche de Dieu doit croire qu’il existe et qu’il récompense ceux qui le cherchent » (Hébreux 11.6).

S’approcher signifie venir. Aborder. S’avancer. Côtoyer. Se tenir plus près. Tout près. Autant de mots qui traduisent bien notre besoin et le désir profond de notre âme. Nous approcher de notre Père céleste en nous plaçant à l’écoute de sa Parole. « Pour moi, m’approcher de Dieu, c’est mon bien : Je place mon refuge dans le Seigneur » (Psaume 73.28).

Puissions-nous apprendre à lire la Bible comme on explore une forêt : en avançant sur le sentier tout en observant et en écoutant. L’Esprit de Dieu peut alors attirer notre attention sur un mot, une phrase, une pensée, ou un concept qui nous arrêtent, nous interpelle, nous parle, nous intrigue.

Quelques pistes à suivre…

  • Cultiver l’habitude, avant de plonger dans ma lecture de la Bible, de prendre quelques instants pour recentrer mes pensées sur le Seigneur dans la prière, le remerciant pour sa Parole et son Esprit et m’abandonnant à lui pour qu’il renouvelle mon intelligence.
  • Lire lentement et attentivement le Psaume 119 — le chapitre le plus long de la Bible — et laisser Dieu nous imprégner du respect, de l’humilité et de l’amour pour Dieu et sa Parole qui animaient l’auteur. Vous pourriez en relire plusieurs fois un seul paragraphe (il en compte vingt-deux, tous débutant par une lettre de l’alphabet hébreu et contenant chacun huit versets).
  • Lire l’un ou l’autre des versets cités dans cet article dans votre Bible en le replaçant dans le cadre du chapitre entier dans lequel il se trouve afin de mieux l’apprécier. En quoi me remet-il en question dans mon attitude face à la Bible quand je l’ouvre?

[1] Voir Exode 3.1-6

[2] 1 Samuel 3.10

Dominique Ourlin est pasteur au Québec depuis plus de 15 ans, avec son épouse Candy. Il est aussi auteur de deux livres, disponibles sur painsurleseaux.com.

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