Vivre d’espérance à l’exemple du Maître

Ecrit par Jeremy Favreau

 « Gardons les yeux fixés sur Jésus, qui nous a ouvert le chemin de la foi et qui la porte à la perfection. Parce qu’il avait en vue la joie qui lui était réservée, il a enduré la mort sur la croix, en méprisant la honte attachée à un tel supplice, et désormais il siège à la droite du trône de Dieu. » Hébreux 12.2

 

Il peut être tentant de fixer ses yeux sur le passé. Personnellement, au lieu de considérer une circonstance qui se dresse devant moi avec l’attente enthousiaste d’un déroulement heureux, j’ai plutôt tendance à être nostalgique par rapport à la façon dont les choses étaient auparavant. Lorsque je plane en mode autopilote, le découragement s’empare facilement de mon âme, et très vite, je me retrouve isolé au centre d’un épais brouillard dans mes émotions et mes pensées.

Dieu soit loué, je ne voyage pas seul sur ce trajet de vie. Les membres de mon équipage, en particulier ma copilote qui est aussi mon épouse, ne tardent pas à me faire sortir de mon état nostalgique et me mettent au jour de ma situation. Leurs exhortations me sont tellement familières, que je me réveille très rapidement et me remets aussitôt sur la bonne trajectoire. Le brouillard ne se dissipe pas automatiquement et les circonstances difficiles ne sont pas immédiatement transformées. C’est ma perspective qui change et avec elle, tout ce qui est devant moi.

Le texte que je m’efforce d’écrire présentement est un exemple tangible de ce processus. Il y a de cela près de deux mois, j’ai écrit un texte qui devait servir d’article dans le magazine Focus Famille. Suite à trois ou quatre brouillons jetés à la poubelle et des heures de travail, j’avais finalement réussi à pondre quelque chose que je considérais pertinent et susceptible d’encourager nos lecteurs. Et voilà que quelques jours plus tard, nos serveurs informatiques ont été engloutis dans un trou noir digital qui a avalé tout rond mon éditorial, ainsi que trois autres textes que je venais de terminer, et une bonne part de notre contenu pour ce magazine ! Je dois vous avouer que pendant quelques jours, je ne pouvais pas relever la tête. C’est difficile de communiquer le sentiment qu’un auteur éprouve à l’égard de ses écrits. C’est un travail de cœur et d’âme, dont la valeur ne se calcule pas de manière objective.

Mais ma perspective est un choix qui m’appartient, me rappelle-t-on pour la énième fois. Je peux me morfondre sur le sort de mes articles chéris ou je peux saisir l’occasion de creuser encore plus profondément à l’intérieur de ma dépendance à Dieu et de ma vulnérabilité personnelle et voir ce qui en sera le résultat. Qui nous sommes, et ce qui nous arrive, ce n’est pas une réalité fixe si nous relâchons notre vie et notre avenir à Dieu, qui œuvre constamment à rendre toutes choses nouvelles.

Ce qui est vrai pour moi à un niveau personnel l’est aussi pour tout individu, peu importe ce qui peut se présenter à nous. Nous pouvons faire le choix de l’espérance au lieu du désespoir et de l’enthousiasme au lieu de la nostalgie face à nos circonstances personnelles, mais également face aux questions les plus fondamentales de l’existence. C’est tout particulièrement vrai en ce qui concerne nos croyances chrétiennes.

L’avenir peut nous sembler bien noir en vue de toutes les tragédies qui se passent dans le monde. Les fondations morales de tant de gens semblent s’effriter sans que nous ne sachions comment y remédier. Nous pouvons regarder vers un passé qui nous semblait plus bienveillant à l’égard de la foi et des mœurs qui nous sont chères et soupirer nostalgiquement après ce temps perdu. Nous pouvons nous dire que le monde est sur une trajectoire de destruction sans remède. Ou nous pouvons lever les yeux, comme Jésus l’a fait, et croire que le royaume dont Il est Roi et Instigateur sera aussi porté à la perfection par Lui, quels que soient les supplices qui puissent avoir lieu entre les deux.

La Bible est remplie d’espérance ! Lisez Romains 5.1-11 ou Romains 8 du début à la fin. Vous verrez que c’est l’espérance qui nourrit notre vie chrétienne dans le présent, et cela en vue d’un futur où Dieu sera enfin tout en tous (1 Corinthiens 15.28). L’espérance n’est pas un sentiment ou une belle pensée positive. Se munir d’une perspective d’espérance quant à l’avenir du monde, c’est une déclaration de guerre à la mort, à l’injustice, au mensonge, à tout ce qui déshumanise les gens et détruit notre planète. C’est se mettre d’accord avec ce que Dieu dit de ses projets pour l’avenir. C’est déclarer que Jésus n’a pas persévéré à travers la honte et la souffrance de la croix pour rien. C’est affirmer par l’exemple de nos vies que ce monde Lui appartient, et que ce qu’Il a commencé, Il le portera à terme.

 

Jeremy Favreau est auteur et leader créatif chez Pouvoir de Changer – Étudiants. Passionné des grandes questions, il est toujours prêt à dialoguer sur l’évangile, la culture et leurs innombrables points de rencontre. Lui et son épouse Selene résident à Montréal et sont parents de trois garçons. 

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